Ces dernières années, le secteur photovoltaïque a connu un essor très important à travers le monde. Soutenu par des avancées technologiques et des mesures politiques visant à favoriser l’émergence des énergies renouvelables, le solaire s’impose aujourd’hui comme une réponse majeure aux défis énergétiques et environnementaux de demain.

Des installations compétitives dès 2020

Il y a encore quelques années, l’énergie solaire était encore regardée du coin de l’œil par le grand public et considérée comme l’apanage d’écologistes forcenés ou d’ermites idéalistes reculés en pleine nature. Aujourd’hui, force est de constater que les choses ont su évoluer pour que le photovoltaïque puisse amorcer une phase de démocratisation qui permet à la filière de se développer dans le monde entier.

Cette démocratisation s’explique tout d’abord par une prise de conscience de la communauté internationale concernant la crise environnementale actuelle et du besoin de trouver des solutions pour enrayer le réchauffement climatique. Avec la COP21, la communauté internationale a décidé de mettre les énergies propres, et plus particulièrement le solaire, au cœur de ses stratégies environnementales.

Le développement de la production solaire a engendré une baisse des coûts de la filière qui la rende aujourd’hui plus accessible économiquement et intensifie la multiplication des projets dans le monde. Selon l’ADEME,  certaines centrales solaires pourront devenir rentables sans pour autant bénéficier de subventions en France à l’horizon 2020.

Pour l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, il s’agira de centrales solaires au sol et de panneaux solaires disposés sur les toits de bâtiments tertiaires ou industriels, des installations qui seront principalement situées dans le Sud de la France.

D’après les prévisions de l’organisme, cette nouvelle compétitivité résultera de la forte diminution des coûts qui continuera de marquer l’industrie photovoltaïque ces prochaines années. L’ADEME anticipe une baisse de 35 % du prix des composants des panneaux solaires, quand le coût  de leur installation a déjà été divisé par 4 entre 2007 et 2014. Autant d’arguments qui devraient rendre le marché du solaire encore plus attractif.

Le stockage d’énergie : un prérequis à l’essor des EnR

L’émergence des énergies renouvelables a nécessité l’apparition de nouvelles technologies permettant d’optimiser au maximum leur utilisation et de leur accorder une place massive dans un modèle énergétique que la communauté internationale veut totalement décarboner.

Une problématique majeure à laquelle ont du se confronter les acteurs du secteur énergétique est la manière de pallier l’intermittence qui caractérise les énergies renouvelables, cela afin de garantir un courant électrique lorsqu’il fait nuit ou qu’il ne vente pas. Les avancées en matière de stockage énergétique permettent aujourd’hui d’optimiser au maximum la production et l’utilisation de l’énergie afin d’éviter les gaspillages ou les pannes de courant.

L’arrivée sur le marché de nouvelles batteries longues durées, beaucoup plus performantes et abordables en termes de prix, généralise peu à peu cette technique et permet d’améliorer significativement la gestion offre-demande d’énergie. La prolifération de ces nouvelles solutions de stockage d’énergie engendre également une baisse de leur prix d’achat, une diminution qui profite au développement du marché. D’après les données communiquées par Bloomberg, le prix des batteries aurait baissé de 14 % par an entre 2007 et 2011.

Un secteur qui brille à l’international…

L’énergie solaire fait partie aujourd’hui des solutions plébiscitées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de notre planète. En 2014, le parc solaire mondial atteignait des capacités de production de 177 gigawatts. Selon l’Association européenne de l’industrie photovoltaïque, ces capacités ont été multipliées par 48 en l’espace de dix ans, soit de 2004 à 2014.

Aux Etats-Unis, le nombre d’emplois dans le secteur photovoltaïque dépasse désormais celui dans le pétrole. L’installation des panneaux solaires concentre la majorité de ces emplois sur le territoire américain. Un boom économique qui se ressent sur le marché du travail dans de nombreux autres pays. En 2014, on estime en effet que 7,7 millions aurait travaillé dans le domaine photovoltaïque aux quatre coins du globe.

Et dans la course à l’énergie solaire, l’Afrique du Sud se positionne chaque jour un peu plus comme un véritable El dorado, rassemblant toutes les conditions météorologiques nécessaires au bon développement du secteur. C’est à partir de 2010 que l’Afrique du Sud a décidé de capitaliser sur ses 350 jours de soleil par an et de mettre en place une politique énergétique forte axée sur les énergies renouvelables et le solaire. Le pays dispose aujourd’hui des installations solaires les plus importantes au monde.

… Mais également en France

La France n’est pas en reste dans le domaine du solaire et peut s’appuyer aujourd’hui  sur un volontarisme gouvernemental fort en matière de développement des EnR. Avec la loi de transition énergétique, l’Hexagone entend pousser les énergies propres au plus haut en leur attribuant une place essentielle dans le nouveau mix énergétique national. Une opération menée conjointement avec le premier électricien du pays, EDF. Très actif dans le développement des énergies propres grâce à sa filiale EDF ENR, le groupe français a pris le parti il y a plusieurs mois d’intensifier ses efforts dans ce domaine en dévoilant un nouveau plan stratégique. Présenté aux équipes d’EDF en septembre dernier, ce programme baptisé « CAP 2030 » doit permettre au groupe de doubler son parc renouvelable en France et en Europe d’ici à 2030.

« Nous sommes déjà le premier producteur européen d’énergies renouvelables et nous voulons significativement accélérer dans ce domaine. Notre objectif est de doubler notre parc européen, et français, en 2030, c’est-à-dire passer de 28 gigawatts (GW) à plus de 50 GW ». expliquait alors Jean-Bernard Lévy dans un entretien accordé aux Echos. Pour l’entreprise, l’ambition à terme est d’occuper le marché des EnR à l’international. Dans les années à venir, l’énergéticien entend assurer sa présence dans le secteur solaire et éolien dans au moins cinq pays situés en dehors de l’Europe.

Si l’essor de l’énergie solaire passe par un certain activisme de la part des pouvoirs publics et des acteurs du secteur pour l’intégrer de manière plus facile et efficace à notre modèle énergétique, il nécessite également une forte implication de la part des citoyens qui doivent faire le choix de convertir leur consommation énergétique aux renouvelables.

De nombreuses initiatives voient le jour pour inciter les individus à produire leur propre énergie et consommer propre, à l’image de la Smartflower distribuée en France par EDF. Des entreprises n’hésitent pas à créer également des nouveaux services permettant de diagnostiquer s’il est judicieux ou non d’installer despanneaux photovoltaïques sur son toit. Plus que jamais, l’énergie solaire fait désormais figure de locomotive pour une nouvelle économie. Selon les estimations, le marché du photovoltaïque représenterait 25 milliards d’euros par an, une véritable « cash machine » bien partie pour briller encore longtemps.

Source: zegreenweb

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