Particulièrement impliqués dans les négociations climatiques de la COP21 en décembre dernier, les pays africains regrouperont en 2100 un tiers de la population mondiale et courent d’ores et déjà le risque d’une crise énergétique et écologique majeure dans un avenir proche. Ces pays doivent dès aujourd’hui concentrer leurs efforts dans le sens d’une croissance vertueuse et durable leur permettant de faire face au défi du développement économique et social dans le respect de l’environnement. Si le continent affiche un certain retard en la matière, plusieurs pays parient aujourd’hui sur les bienfaits de la performance environnementale, et tentent de montrer l’exemple à suivre

 

Les opportunités d’une croissance plus durable

En dépit de ressources naturelles abondantes et de la bonne croissance économique enregistrée cette dernière décennie, l’Afrique peine toujours à exploiter de façon efficace et durable le potentiel économique dont elle dispose. Les énergies renouvelables ne couvraient en 2013 que 5 % des besoins énergétiques de l’Afrique, et les normes environnementales sont encore trop souvent considérées comme contre-productives dans des pays sous-industrialisés. Les problèmes environnementaux liés à la surexploitation des ressources, à la pénurie d’eau, à la pollution, au traitement quasi inexistant des déchets, et à la dégradation des sols sont pourtant des freins sérieux à l’émergence d’une économie verte plus durable et porteuse de nombreuses opportunités.

Selon plusieurs études, la croissance verte pourrait en effet permettre aux pays africains d’attirer des investissements dans les ressources environnementales et l’énergie renouvelable, et profiter ainsi à l’ensemble de l’économie. Le principe de croissance verte repose sur un modèle vertueux permettant d’améliorer la vie des populations tout en respectant le développement durable dans le sens d’un bien-être généralisé à la fois environnemental et social.

Le rapport rendu par Kofi Annan fin 2015 par exemple, et baptisé « Africa Progress Panel : Power, People and Planet », démontre ainsi clairement comment un renforcement substantiel des investissements énergétiques de la part des gouvernements africains, des investisseurs et des institutions financières internationales permettrait de déverrouiller le potentiel de l’Afrique en tant que superpuissance mondiale faible en carbone. Car si la sauvegarde de la planète est en jeu, le développement des énergies vertes et décarbonées sur le continent serait également bénéfique pour garantir un accès à l’électricité équitable et lutter ainsi davantage contre la pauvreté et pour l’emploi.

 

Ces investissements devraient donc se concentrer davantage dans les années à venir sur l’exploitation du fort potentiel énergétique renouvelable africain afin d’optimiser une électrification du continent trop faible et indispensable au développement économique et social. Mais également dans les domaines durables aussi variés que l’agriculture et la pêche responsable, la gestion de la biodiversité, ou l’éducation.

 

Des politiques de transition vers une économie verte

Si le continent africain accuse toujours un certain retard en matière de développement durable, l’évolution actuelle est néanmoins très encourageante et dénote d’une volonté nouvelle des gouvernements de promouvoir l’émergence d’une économie verte. La déclaration adoptée lors de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement en 2012, établit pour la première fois une véritable stratégie de coopération à l’échelle continentale pour le développement durable via des programmes de partenariats, de soutiens et de transferts technologiques.

Les investissements dans les filières renouvelables, quoique toujours insuffisants, ont largement progressé ces dernières années, et la baisse du coût des alternatives énergétiques que représentent le solaire et l’éolien, a permis une multiplication des projets énergétiques en Afrique sub-saharienne. Rien que pour l’année 2014 par exemple, le nombre d’installations mises en service a dépassé celui enregistré au cours des 13 années précédentes. Le montant des investissements réalisés en Afrique du Sud, au Kenya et en Éthiopie est ainsi estimé à 5,9 milliards de dollars en 2014, et pourrait s’élever à 7,7 milliards de dollars en 2016 (contre seulement 1 milliard de dollars par an en moyenne entre 2006 et 2011).

Sur le plan national, plusieurs pays africains s’engagent désormais clairement dans des politiques de développement durable via la promotion des énergies solaire, éolienne, hydraulique ou de l’agriculture durable. On peut citer ici le Maroc, l’Egypte, l’Ouganda, l’Ethiopie ou le Gabon. Ce dernier fait d’ailleurs figure de référence africaine en la matière. Le Plan Stratégique pour l’émergence du Gabon lancé par le président Ali Bongo en 2010 s’appuie en effet en grande partie sur l’émergence d’une économie verte et responsable.

Comme l’explique Maixent Accrombessi, directeur de cabinet du Président Ali Bongo, « cette stratégie de développement durable repose principalement sur le pilier « Gabon vert », qui comprend un ensemble de mesures visant à développer l’utilisation des énergies renouvelables afin de soutenir la croissance économique du pays, tout en préservant nos ressources naturelles ». Le pays a multiplié les projets énergétiques d’envergure (dans l’hydroélectricité notamment) ces dernières années, tout en favorisant l’industrialisation durable de son territoire et la préservation de son écosystème exceptionnel et de ses 22 millions d’hectares de forêts.

Source : notre-planete.info

 

Comments

comments