Alors que deux mois se sont écoulés depuis les négociations internationales de la COP21, ExxonMobil s’est penché sur l’impact des politiques environnementales mises en place par les gouvernements du monde entier. Le géant pétrolier américain a en effet publié fin janvier l’édition 2016 de son“Outlook for Energy” (les “perspectives de l’énergie” en français). Les conclusions de cette étude mettent en avant une baisse de 50% des émissions de CO2 mondiales d’ici 25 ans grâce aux gains en efficacité énergétique et aux énergies décarbonées.

Les auteurs de l’étude “Outlook for Energy 2016″ affirment que la demande énergétique mondiale devrait croitre de plus de 25% au cours des prochaines décennies, principalement en raison des tendances démographiques actuelles. Si la consommation énergétique des pays de l’OCDE évoluera faiblement jusqu’en 2040, les économies actuellement considérées comme émergentes devraient voir leur besoin fortement augmenter. Notamment en Asie (la consommation énergétique de la Chine et de l’Inde augmenteront respectivement de 32% et 86%) et en Afrique (+83%).

Malgré cette importante croissance, l’activité humaine ne devrait pas voir ses émissions de CO2 augmenter. Bien au contraire. Selon le pétrolier américain, l’intensité carbone de la communauté internationale diminuera de moitié au cours du prochain quart de siècle. Une performance rendue possible grâce au gain en efficacité énergétique et au recours croissant aux énergies renouvelables et aux combustibles moins intensifs en carbone.

“Nos perspectives prévoient que les émissions mondiales de dioxyde de carbone liées à l’énergie devraient plafonner autour de 2030, puis commencer à baisser. Les émissions dans les pays de l’OCDE devraient chuter de près de 20% entre 2014 et 2040″.

Selon ces prévisions, la consommation des énergies décarbonées devrait augmenter rapidement au cours des prochaines années. Les énergies renouvelables et le nucléaire devraient voir leurs parts dans le mix énergétique mondial atteindre 15% et 8% d’ici 2040. La part du gaz naturel suivra la même tendance, et se chiffrera à 26% du mix énergétique mondial (se plaçant ainsi derrière le pétrole à 32%).

Confirmant une étude publiée en novembre dernier par l’Agence Internationale de l’Énergie, ExxonMobil estime donc que la présence des énergies fossiles dans le mix énergétique mondial est assurée au cours des prochaines décennies. Seul le charbon, énergie fossile la plus polluante, devrait voir sa consommation reculer au cours des 25 prochaines années.

Pour rappel, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat estime qu’il est aujourd’hui nécessaire de limiter drastiquement les émissions mondiales de dioxyde de carbone : ne pas dépasser l’émission de 1.000 milliards de tonnes équivalent CO2 d’ici la fin du siècle est la condition sine qua none pour limiter le réchauffement climatique à 2°C. Pour ce faire, il faut réduire les émissions mondiales de CO2 entre 40% et 70% d’ici 2050 (par rapport au niveau de 2010).

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