Les efforts destinés à arrêter l’avancée du désert du Sahara avec une grande muraille verte commencent à porter leurs fruits au Sénégal où les communautés peuvent désormais cultiver des fruits et des légumes sur des terres arides. Apportant une source importante de nutrition dans les endroits touchés sévèrement par la malnutrition, le projet permet également aux communautés de faire face au changement climatique.

WIDOU THIENGOLI – L’après-midi, sous un soleil écrasant, de nombreuses femmes toutes habillées de vêtements traditionnels colorés, se plient en deux pour cueillir des tomates et des aubergines dans le village de Widou Thiengoli au nord du Sénégal. Les fruits et les légumes dans leurs mains sont le résultat concret d’une initiative novatrice intitulé la «Grande Muraille Verte de l’Afrique» qui consiste à planter une bande d’arbres à travers le continent africain, du Sénégal à l’ouest jusqu’à Djibouti à l’est.

L’objectif des 11 pays qui participent à ce projet ambitieux est d’arrêter l’avancée du désert du Sahara avec une longue barrière verdoyante. Les arbres permettront de protéger la région contre le vent du désert et de garder l’humidité du sol et de l’air soutenant ainsi le développement agricole dans ces régions touchées par la malnutrition.

Un mur verdoyant

A Widou Thiengoli, la «Grande Muraille Verte» n’est pas encore grande ni verte. Il faudra du temps pour laisser pousser les arbres et pour réaliser cette ambitieuse idée de créer une bande verdoyante  de 7 500 kilomètres de long sur 15 kilomètres de large. Mais les communautés qui vivent dans cette région commencent déjà à en bénéficier.

Les jeunes arbres d’acacia commencent à pousser et de petites parcelles de terres ont été créées pour cultiver des légumes. La récolte a été bonne cette année et  permettra d’ajouter des micronutriments essentiels à un régime alimentaire traditionnellement riche en viande et en lait. Tout excédent est vendu sur les marchés locaux.

«Lorsque j’étais jeune, il y avait plus d’eau dans le village et nous cultivions nous-même du mil,» indique Khaira Haidara, Président adjointe de l’organisation des femmes locales. «Ce projet a un impact positif sur notre vie. Il nous permet de diversifier notre régime alimentaire et nous nous inquiétons moins pour la nourriture.»

Changement climatique

Comme beaucoup de communautés rurales au Sénégal, les habitants de Widou Thiengoli ont dû faire face à la réalité du changement climatique au cours des vingt-cinq dernières années. Les sécheresses sont devenues plus récurrentes alors que la pluviométrie s’est réduite d’un tiers. De plus, lorsqu’il pleut, de nombreux endroits sont souvent touchés par les inondations.

Le PAM soutient le projet «Grande Muraille Verte» en distribuant une assistance alimentaire aux groupes agricoles pendant la période de soudure pour qu’ils puissent renforcer leur résilience et mieux confronter les chocs climatiques.

«Auparavant, les personnes partaient pour chercher du travail dans les villes pendant la soudure mais depuis le début du projet, tout a changé,» explique Papa Sarr, Directeur technique à l’Agence nationale pour le projet de la Grande Muraille Verte. «Grâce au soutien du PAM, ils ont pu s’installer et cultiver les terres ici tout en se rendant compte du fait qu’ils peuvent se nourrir et gagner de l’argent en même temps.»

Cette année, les agriculteurs communautaires de Widou Thiengoli auront des récoltes de mangues, d’oranges, de citrons, de tamarin,  de goyaves, de pommes, de choux, d’oignons, de tomates, de laitue et d’aubergines. C’est un pas vers un avenir durable. Même si la vision d’une «Grande Muraille Verte» africaine ne se réalise jamais, son impact fait déjà partie du quotidien chez ces communautés qui ont désormais un meilleur accès à la nutrition et peuvent mieux faire face aux chocs climatiques.

Source: wfp

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