Le Maroc a présenté, lors de la conférence ministérielle, tenue en marge du SIAM (26 avril au 1er mai à Meknès, , sa proposition pour le volet agricole en préparation à la COP22, prévue en novembre à Marrakech. 

Trop souvent, l’agriculture est perçue comme étant une activité émettrice de gaz à effet de serre (GES) ou un secteur vulnérable au changement climatique. Toutefois, il n’a jamais été question de considérer l’agriculture et la forêt comme des contributeurs à la diminution des GES. Pour Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, qui a coprésidé, en milieu de semaine, à Meknès, avec son homologue marocain, Aziz Akhannouch, la conférence ministérielle labellisée «COP22» en faveur de l’adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques, en marge du SIAM, «Il y a un stock de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et si on veut le réduire, il faut qu’on puisse capter le carbone en le stockant par la forêt et l’agriculture» explique-t-il. Et l’initiative environnementale française du «4 pour 1.000» vise à accompagner le Maroc dans cette phase de transition progressive entre la COP21 et COP22, prévue en novembre à Marrakech.

Dans le détail, la démarche, consiste à augmenter, chaque année, la matière organique des sols de 4 grammes pour 1.000 grammes de CO2 afin de compenser l’ensemble des émissions de GES entropique. «Le stockage de carbone constitue une matière organique dans les sols qui est synonyme de fertilité des sols, ce qui permettra de lutter contre le réchauffement climatique à travers la sécurité alimentaire», ajoute Le Foll. Au cours de cette réunion, le ministre français a proposé la création d’un secrétariat franco-marocain qui concrétisera en septembre la proposition pour la création d’une gouvernance adaptée aux objectifs de l’initiative 4 sur 1.000. L’idée est de créer un consortium afin que l’initiative soit prête pour sa mise en œuvre à l’échelle planétaire. «Alors que la dégradation des sols est une problématique en Afrique, la séquestration de carbone peut apporter son lot d’amélioration en termes de maintien et d’augmentation de la production agricole en Afrique», argue Le Foll.

Du côté marocain, «les attentes sont énormes vis-à-vis de la COP22. Il s’agit, d’une part, d’assurer la mise en œuvre concrète des engagements de l’Accord de Paris et, d’autre part, de prendre en compte les enjeux spécifiques des pays en développement – et en tout premier lieu l’Afrique. Dans ce sens la COP22 devra être, selon nous, une COP de l’action et une COP de l’Afrique qui contribue à peine à moins de 4% de GES», annonce Aziz Akhannouch. À cet égard, l’initiative triple «A» a érigé l’Adaptation, l’Afrique et l’Agriculture parmi les priorités à l’agenda de la COP22. En effet, «il ressort des travaux scientifiques que l’Afrique ne capte qu’une faible portion (inférieure à 5%) des financements pour la lutte contre les changements climatiques, bien en deçà de celle à laquelle elle pourrait prétendre», explique Aziz Akhannouch dans son discours. Avant d’ajouter que «l’adaptation, quant à elle, bénéficie de moins de 20% des financements publics pour le climat, alors même qu’elle devrait plutôt en capter la moitié selon les experts internationaux et que les textes de la Convention-cadre des Nations Unies prévoient une «répartition équitable entre Atténuation et Adaptation.

Enfin, avec moins de 4% de ces financements, l’agriculture est l’un des secteurs les moins dotés pour lutter contre les changements climatiques et leurs effets». C’est pourquoi, cette initiative permettrait ainsi de relever les trois principaux défis auxquels le continent fait face. Il s’agit selon le ministre de garantir des financements aux projets, en particulier ceux liés à l’adaptation de nos agricultures aux changements climatiques, mais aussi œuvrer à l’augmentation de la productivité agricole. En effet, il est établi que le doublement de la productivité agricole d’ici à 2030, et son triplement à horizon 2050 permettraient à l’Afrique non seulement de combler le gap actuel pour garantir sa sécurité alimentaire, mais également de compenser la baisse de productivité due aux changements climatiques. Cette ambition impose un objectif d’augmentation de 4% par an de la productivité agricole en Afrique.

À cela s’ajoute l’augmentation du pouvoir de séquestration des sols africains, avec un bénéfice double d’atténuation et d’adaptation, en ligne avec les recommandations de l’initiative «4 pour 1.000». Par ailleurs, le second volet de cette initiative porte sur des actions ciblées à inscrire dans l’agenda des solutions Lima-Paris-Marrakech, avec la proposition d’une série de programmes labellisés «AAA» qui reperdront les recommandations de l’initiative «4 pour 1.000». Il s’agit d’un programme qui porterait sur les sols avec un objectif triple d’amélioration de la fertilité des sols, d’accroissement de la capacité de séquestration du carbone dans les sols et de reconversion en arboriculture alors que les 2e et 3e viseront à assurer la maîtrise durable de l’eau agricole sur le continent et améliorer la gestion des risques climatiques, notamment à travers le déploiement de l’assurance agricole et la mise en place de systèmes d’alerte.

Src: LesEco

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