Les produits chimiques utilisés dans une exploitation pétrolière auraient contaminé la population vivant près d’une usine de traitement dans l’État d’Unité, au Soudan du Sud. C’est ce qu’affirme une ONG allemande qui a mené des études toxicologiques sur place. La santé de 180 000 personnes serait en jeu.

Le communiqué de l’ONG Sign of Hope (Signe d’espoir) indique que la population dans les environs de l’usine de traitement de Thar Jath, dans l’État d’Unité, est fortement intoxiquée avec des substances polluantes telles que le plomb et le baryum. La contamination s’opérerait via l’eau potable que boivent les habitants.

L’an passé, après avoir mené pendant six ans des recherches hydrologiques dans la région, à environ 500 km au nord de la capitale Juba, l’ONG allemande avait déjà établi un lien direct entre l’exploitation pétrolière et la contamination de l’eau potable. Elle avait démontré que les nappes phréatiques d’une large région bordant les zones marécageuses du Nil Blanc étaient polluées par l’infiltration lente d’eaux salées issues de la production de brut.

L’organisation avait mis en cause les compagnies pétrolières, qui ne prennent aucune mesure pour éviter que les additifs chimiques utilisés n’entrent en contact avec le sol, ou pour traiter leurs déchets.

Cette fois-ci, Sign of Hope a demandé à deux toxicologues indépendants d’examiner des échantillons capillaires prélevés sur 96 volontaires, venus des États d’Unité et des Lacs, dans le centre du pays.

« Les concentrations de plomb et de baryum menacent la vie des personnes contaminées »

« Concernant le plomb et le baryum, on peut conclure qu’il y a des raisons d’être inquiets sur leurs effets sanitaires, dans les localités de Koch, Leer et Nyal », explique l’un des deux experts, le professeur Fritz Pragst, du département de Toxicologie de l’hôpital de la Charité à Berlin. Selon lui, la concentration en plomb pour les personnes testées à Koch en particulier, atteint un niveau comparable à celui qui peut être trouvé dans des zones minières fortement polluées et des zones de transformation des métaux. Et au fur et à mesure qu’on s’éloigne de cette zone pétrolifère la concentration en produits toxiques diminue.

Selon l’autre expert, le docteur Klaus-Dietrich Runow, les niveaux de concentration observés pour le plomb et le baryum menacent la survie des personnes contaminées.

Venir en aide à la population affectée

Malgré la faible quantité d’échantillons analysés, l’homogénéité des résultats laisse supposer qu’ils s’appliquent à de larges sections de la population locale, estimée à 180.000 personnes. Les ministères concernés au Soudan du Sud ont déjà été notifiés. Maintenant, la population de la région doit être informée de sa situation sanitaire et des possibilités de traitement médical, a déclaré le président de Sign of Hope, Reimund Reubelt.

L’ONG demande à ce que les autorités prennent des mesures immédiates pour venir en aide à la population affectée, en lui assurant un accès à de l’eau potable propre ainsi qu’à un traitement médical.

Src- Jeune Afrique

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